La métamorphose de la marmotte mauve


TOUTES LES FILLES SONT DES SORCIERES

 

Si tu nourris à mon égard

des sentiments doux et hagards

   Souviens t'en la lune prophète

rend tous les miroirs obsolètes

   Laisse le silence et nos mains

défaire l'hier sans lendemain,

ôter les aiguilles des horloges

   et rendre aux divas leurs éloges

Creuse-moi des sillons de tendresse

   avec ta passion sans promesse

qui conjure les mauvais sorts

et je pardonne à mes consorts

Si nous ne sommes que poussière…

toutes les filles sont des sorcières

 

 




 

Le temps ne sait pas l'heure

et l'heure ne dit pas le temps


La pluie et le beau temps

Jacques Prévert

 


LA FIN DES HARICOTS

 

Quand le fruit défendu plaidera coupable

les avocats n'auront qu'à bien se tenir

Les tomates de l'opprobe

pleuvront sur leur chapeau melon

et les raisins de la colère

par grappe en pleine poire

jusqu'à ce qu'ils tombent dans les pommes

Personne pour leur porter des oranges

Ils ne ramèneront plus leur fraise

à moins de faire choux blanc

Les carottes seront cuites

Ce sera la fin des haricots

 


RENDEZ-VOUS EN TERRE INCONNUE

 

Lassée des dunes désertiques des basses plaines du célibat, élancée par des élans volubiles, je me suis lancée dans un safari fantasque au cours duquel je suis tombée (tout en douceur, même pas mal) sur un homo sapiens contemporalis pour qui j'en pince sérieusement depuis. Il ne m'a pas fait le coup du petit prince, mais qu'est ce qu'il peut être charmant… Et nous voilà, toute voile dehors, bercés par les flots d'une mer à perte de vue communément nommée Vie commune !

L'homo sapiens contemporalis, comme son nom l'indique, est une espèce ancestrale qui a su survivre dans le monde actuel. Il a vaguement entendu parler de Darwin mais, tout entier absorbé par l'enjeu de subsister, ses tympans sélectifs n'ont en fait que très approximativement perçu les échos de l'évolution.

Oh bien sûr, il sait toujours se nourrir du tout-venant (Pizza Rapido, …), défendre son territoire (en émettant odeurs et décibels dissuasives) et se reproduire, ça, ça marche plutôt bien et ce, malgré les obstacles (Durex, Manix, …). Il s'est même brillament adapté aux nouvelles us et coutumes de la débauche moderne (Meetic, …). De la même manière, il a géré une monumentale mutation pour se mouvoir (Automoto le dimanche matin sur TF1, Tomtom, …).

Mais il demeure la proie éprouvée d'insondables lacunes.

Ainsi, quand le tapis flotte à quelques millimètres du lino ruisselant, ce n'est pas parce que l'école du quartier a confondu la salle de bain avec la piscine municipale ou qu'une otarie s'est échouée dans la baignoire. Inutile de convoquer le plombier ; c'est l'homo sapiens contemporalis qui s'est brossé les dents. Si de multiples miettes (de pain, de tabac, …) jonchent le bureau ou la table basse, c'est que l'homo sapiens contemporalis n'appréhende toujours pas les lois de la gravité universelle. La présence dans l'entrée de la maison d'un objet plat, rectangulaire et passablement absorbant, le laisse également tout démuni. Ainsi, en cas d'averse, on sait si l'homo sapiens contemporalis est rentré ou non : à la couleur du sol.

S'il a su conquérir de nouveaux horizons technologiques, du GPS au DVD, en passant par la PS2 et le GSM, il reste unanimement innocent face à un mystère chaque matin renouvelé : la petite boite posée sur la table de chevet émet à la même heure un hymne mobilisateur, toujours le même d'ailleurs. L'homo sapiens contemporalis doit-il pour autant laisser ces notes mélodieuses pénétrer ses tympans engourdis et oh combien sélectifs ? Seraient-elles porteuses d'un message subliminal ? Y a-t-il une vie après la mort ? Sarkozy sera-t-il réélu ?

En vérité, je vous le dis, l'homo sapiens contemporalis est une espèce à suspens.

 




PETITE CITATION DE SAISON

 

« Etre philosophe, ce n'est pas écrire,

c'est vivre. »

F. Timmermans


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Un esprit vacant

est l'atelier du diable…

 

 

… et le diable se nomme Alzheimer.


LES MOTS QUI MENTENT NE SENTENT PAS LA MENTHE

 

Un mâle dit des mots.

Les mots tombent à l'eau.

L'eau dissout les mots.

Les mots deviennent des maux.

Les maux résonnent dans le silence.

Le silence nourrit le doute.

Le doute rend fou.

Et le fou se fait damner le pion par le roi… des cons.

 à ma puce




MESSAGE PERSONNEL

 

Dis, tu sais que t'es drôlement bonne toi parfois ?!

 


LE BALLET

 

« Ca t'arrive sans crier gare, au milieu d'une heure incolore. Un geste, une odeur, un regard… qui comme déchire ton décor. Tout à coup ce coeur qui t'avait presque oublié, se pointe à ta porte et se remet à cogner. Attention, le ballet va commencer. Tu comprends pas trop c'qui t'arrive. Tu crois d'abord à une erreur. Tu l'évites et lui te devine, entre le désir et la peur. Tu t'entends lui dire des phrases sans aucun sens. Qu'importe, les mots n'ont plus la moindre importance. Car le ballet a commencé. (…)

Il a su les codes et donné les bons mots de passe. Encore un peu d'alcool et que tombent les cuirasses. Livrées les clés des corps. Enfin les peaux s'embrassent. Et le temps s'arrête tant que dure la grâce. Car le ballet, est bientôt terminé. Et la vraie vie, va commencer. Et oui - la vraie vie -. »

Jean-Jacques Goldman


PHONETIQUE BALLADE

    

Terrain vague … Vague à l'âmeLame de fond … Fond du puit … Puit de lumière … Lumière divine … Divine comédieComme Eddy …

Et dis toi ?! …

Toits de Paris … Pari tenu … Tenue de soirée … Soir et matin … Matin blanc … Blanc et noir … Noir désir


00:40 AM

Minuit, l'heure du crime et les quarante voleurs…

Selon ma moyenne actuelle, il me reste une bonne heure et demi à tirer… la langue… ou le diable par la queue… j'comprends pas bien ce qu'on attend de moi en ce moment. Enfin, je veux dire ; encore moins que d'habitude.

Je pense à ceux qui dorment, les veinards, et aux autres… Ceux qui travaillent. Ceux qui ne tournent pas rond non plus. Ceux qui sont dans la rue.  Ca leur fait une belle jambe ! Et moi, ça ne me ramène pas le marchand de sable, sombre lacheur ! Je lui ai fait quelque chose qui ne lui a pas plu ou bien ?

En plus, il ne reste que du rhum (blanc pfff…) et pas de coca pour mettre dedans.

Je baille à m'en décrocher la machoire jusqu'aux oreilles. Les bougies fondent à vue d'oeil. Les CD défilent stoïquement dans le lecteur.  Le fond de l'air se fait bien frais. La lune est aux trois quarts, enfin à peu près. A la télé, y'a des jolies africaines dont je ne sais absolument pas ce qu'elles racontent vu que c'est Francis qui parle d'amour aux haut-parleurs (y'a un S à haut ou pas ? je sais jamais avec les mots composés).

J'ai quand même une vie extravagament passionnante ; je comprends pas pourquoi il n'y a pas une nuée de princes charmants en serpentins en bas de chez moi (vous savez comme à la Poste) !? Y'a une formidable erreur quelque part… je trouverai peut-être laquelle quand Morphée m'aura rendu mon cerveau… en espérant qu'il (ou elle, je sais pas ça non plus) ne la pas revendu dans un sombre trafic d'organes, avec la crise mondiale, tout est possible. En plus, si c'était pour Mickael, c'est mort !

00:17 AM - C'était Radio Marmorte… de fatigue


ELLE

 

La voilà. C'est Elle. C'est l'Angoisse.

Elle fait de chaque nuit sa paroisse,

envahissant les murs en ombres indicibles,

geolières muettes et moi la cible

de son insatiable attention

délit inaliénable de détention.

     

PS : Quel est le crétin malade à foie jaune qui a dit que “la nuit portait conseil” ?


TNT TU TOURNES EN ROND

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Il était une fois une petite lucarne qui était bien malade. Escalade de violence dans une multitude de séries dites policières (du coup quand on croise un vrai flic dans la rue, on lui passerait presque dessus sans le reconnaitre). Virus de la mondialisation avec les importations américaines (qui se croient les plus forts depuis 1944), allemandes (qui font ce qu'ils peuvent depuis mais qui rament sévère, la prochaine fois c'est eux qui débarquent, faut qu'ils s'entrainent), sans oublier les outrancièrement pathétiques copies françaises. On avait déjà les incontournables Intervilles et autre Fort Boyard, mais comme ça ne suffisait pas, on importe du grand n'importe quoi de partout ; L'ile de la tentation pour les obsédés du string, Koh-Lanta pour les suicidaires, Pékin Express pour ceux qu'on pas les moyens de partir au Club Med (ben oui c'est la crise ma pauv'dame)… On nous ressort La roue de la fortune, Le juste prix… (ben oui c'est la crise on vous dit !)

Mais dans ce petit monde facétieux, il y a … la fée TNT ! Qui remplit ses journées avec des rediffusions en boucle de vieilles séries, comme Melrose Place, L'homme qui tombe à pic (mais on sait pas où), Starsky & Hutch (alors eux depuis le temps ils devraient payer la taxe carbone), La croisière s'amuse, Super Jaimie… Sans oublier les émissions comme Vis ma vie, plusieurs fois la même (Liane Folly va finir par devenir taxi), Tellement people ou comment ne rien dire sur des gens qu'on ne connait pas et dont on se fout autant qu'eux peuvent se foutrent de nous.

Alors moi je dis, quitte à passer pour un vieux crouton rassi, que tant qu'à patauger dans la Tourmente de la Nostalgique Tambouille…

repassez nous les émissions de

Maritie et Gilbert Carpentier !!!

(voilà, c'est dit, j'assume)


QUAND L’INSOMNIE NIE L’EVIDENCE

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Symptômes lunaires…

mais où ai-je la tête ?

La tête comme un vieux compteur même plus aux normes… la bouche pathétiquement pâteuse… la vue qui se la joue Grande vadrouille… les vertiges inopinés… les chutes brutales alors que je ne suis même pas côtée en bourse… les lachages de clopes… d'où petites brulûres et énormes bleus. En même temps, les bleus, ça camoufle bien les petites imperfections corporelles (pudeur féminine). Pertes de repères spaciotemporels encore plus flagrantes que d'habitude… c'est dire. Tremblements et stupeur, forcément !… nausées… langue d'une couleur indéfinissable… faiblesse perpétuelle ET …

IN-SOM-NIE !

T'es crevée toute la sainte journée comme si tu venais de te faire le marathon de New-York alors que tu te traines comme une mamie… et à plus de 2 heures du mat, tu te retrouves à faire un défilé de DVD dans le lecteur à la lueur de quelques bougies. J'ai même fini la bouteille d'espèce de liqueur de vodka qu'on m'avait ramené de Pologne (en désespoir de cause et croyez-moi faut être motivé) !

Le seul toubib qui était à la portée de mes petites pattes flageolantes m'a pesée (pas maigri ni grossi), m'a mesurée (pas grandi ni rétréci), m'a posé les questions existentielles du manuel de la médecine du travail à la chaine. La vieille école, y'a que ça de vrai. Juste, chuis à 9 de tension. C'est pas assez ça ma p'tite dame ! Ah non ? Vous croyez ?! En même temps, je foire tout cette année, y'avait pas de raison que j'ai une bonne note soudainement comme ça, c'est pas Noël non plus ! Verdict ; analyse de sang. Pfff… encore un examen !

J'ai récupé les résultats ce matin (en ayant failli me prendre 2 voitures et même que le grand rond-point de chez Edouard a manqué être promu crop-circle). Ce qui est bien, c'est qu'ils mettent des chiffres ; les vôtres et la fourchette qui va bien. Le hic, c'est qu'on comprend rien aux mots qui sont devant. M'étonne pas que les études de médecine soient si longues ; non seulement faut comprendre l'étrange créature que Ce Dieu machiavélique a créée mais EN PLUS faut carrément apprendre une autre langue ! En tout cas, pour le coup, là j'ai une bonne note. Faut avoir moins de 10 … et je suis à 15. Mais pas de triomphe parce que je ne capte rien à leur histoire d'«immunologie serologie, C.R.P.»…  Qu'à cela ne tienne, je saute sur mon petit clavier et…. je finis avec un mal de crâne obstinément réfractaire. C'est un peu comme d'être en pleine zone de turbulences dans un vieux charter et que les hôtesses vous braillent des instructions en russe (j'ai fait espagnol deuxième langue et j'ai eu 7 au bac). Les seuls mots que j'ai vaguement reconnu dans tout ce  galimatia, c'est…  «HIV», «hépatite» et «infection»…

       

Heu… s'i'ou'plait, y'aurait-il un

médecin bilingue sur la toile ?


AVIS DE RECHERCHE

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RECHERCHE désespérement

LA photo de l'irrésistible Bernard Campan

planté dans la rue avec son sourire d'ange

et son carton

“calins gratuits”


UN INCONNU VOUS OFFRE DES FLEURS…

   

… OU PAS !

J'enfile le premier truc qui me tombe sous la main et je file faire quelques courses au minimarket du coin, à deux petites minutes. A l'aller, je remarque deux types assis par terre, à côté des pissotières, sur la place dite des Restocat du coeur, parce qu'une petite dame vient quotidiennement nourrir nos p'tits amis les minous.

Vous les appeleriez des SDF, ou des zonards, ou des punk… Moi j'entrevois juste deux types, sans y prêter attention, parce que je ne me sens pas trop concernée par les gens en général et la gente masculine en particulier.

Au retour, je repasse, forcément. Et de l'autre côté de la rue qui nous sépare, j'entends : « Ho sale chienne ! » Je réalise qu'il n'y a personne d'autre que moi alentour, même pas une petite chatte qui se serait pointée en avance pour le dîner. Mais la grasse voix insiste et persiste : « Hé toi la gonzesse ! Sale chienne ! » J'hésite une demi seconde à rebrousser chemin pour aller lui demander si heu… on se connait ?! (humour mais manque d'audace) Je ne réagis toujours pas. Alors il conclut, moins fort mais parfois ce n'est pas le niveau de décibels qui heurte le plus les tympans, d'un conseil un peu… farfelu (j'trouve pas d'autre mot comme toujours quand je suis scotchée) : « Va te faire enculer par ta grand-mère ! »

J'en ai entendu d'autres mais, j'avoue, j'ai tiqué un peu en mon fort inférieur quand même. Mais bon, à quoi ça aurait servi d'aller lui demander de laquelle il parlait ; celle qu'on a enterré le matin de ma naissance ou celle qui est morte quelques années plus tard d'une overdose de demi et de PMU ?


“NE RESTEZ PAS DANS LE NOIR…

… sans savoir ce qui vous arrive”

Qui a dit qu'il n'arrivait jamais rien dans ma petite vie laborieusement pestilentielle ? Hein ? Bon, c'est vrai aussi que s'il n'y avait que les gens passionants qui avaient le droit de vivre… il ne resterait plus grand monde… En même temps, ça règlerait la pollution, la famine, la couche d'ozone, le réchauffement de la planète, tout ça… Mais revenons à nos moutons marmottes. Figurez-vous que MR SIDIYA m'a laissé à MOI, personnellement, sous l'essuie-glace de MA voiture, un petit mot ! « Grand voyant (ben c'est toujours mieux que nain aveugle) africain (avec la réputation flatteuse qui va avec) - 30 ans d'expériences et de réussites (mmm… prometteur) - Résout tous vos problèmes quotidiens (tous ???!!!) - Protection Chance Examen - Spécialiste retour d'affection - Reçoit tout les jours, déplacements possibles (l'homme idéal quoi… à moins que ce ne soit juste qu'un plombier zélé) - SERIEUX ET EFFICACE »

Et le top du top 50, c'est qu'il m'a laissé son numéro de portable en bas !!! Direct ! Et franchement, vu l'allure du patchwork qui me sert de voiture, ça peut pas être par intérêt.

clin.jpgNon, c'est mon charme sournois qui a enfin agi, c'est tout quoi !

  


NO COMMENT

 

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POUCE !

    

On devrait pouvoir dire « Pouce ! ». Pouce ! Je descends là. Continuez sans moi, je vais vous retarder. Je vais souffler un moment… Prendre le temps de respirer un peu, de faire le tri dans le sac à dos de souvenirs qui commence à nous briser les reins. Se mettre hors service quand on est hors d'haleine… sans avoir à rendre de compte. Parce qu'on l'a notre compte, tout simplement. Gardez vos reproches et vos questions, soyez gentils. Si ce n'est pour une attention, une caresse, faites comme si je n'étais pas là.

 


LE BLUES DU SABLIER BIBENDUM

 

Je suis un sablier bibendum. Je vis au pays du temps qui ne passe pas, qui s'étire comme un soupir. Mes grains de sable sont englués dans une mélasse de monotonie maniaque et moi je suis bien trop gros. Chaque minute semble une journée, chaque moment, une saison. Je n'en finis plus de couler et j'y perds la raison. Je rêve d'une marée haute pour m'emporter, d'évasion salée, de reflux hospitaliers… Mais rien à faire, rien ne se passe, même pas le temps ! En vérité, je vous le dis, j'ai le blues du sablier. Du sablier bibendum qui débloque. Et le blues déborde.